Celui de la valise...

 

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- ça t'intéresse ?

- quoi ?

- Le Cap d'Agde, me dit Françoise un jour.                        

Après tout pourquoi pas, quinze jours à la "grande bleue", c'est tout de même mieux que quinze coups de pieds au...

et c'est d'un coup d'aile que nous quittons Lesquin.

c'est alors que le commandant de bord annonce :

nous nous trouvons à 9 000 mètres.

Comme dirait l'autre, on peut s'envoyer en l'air, mais alors là, ça commence fort.

A l'aéroport de Montpellier, il ne manque que la police, car pompiers, stewards, et hôtesses sont sur le pieds de guerre.

Un parachutage aurait été sensationnel, mais le bras d'une hôtesse, c'est tout de même autre chose.

Une fois dans le bus, ouf ! car 35 kms nous séparent d'Euro-Village.

Jojo, l'animateur, qui est venu nous accueillir est belge. Je ne sais pas s'il a la frite, mais l'accent a dû finir par lui mettre la main dessus.

Contre la glace du bus, mes idées vagabondent, mais à mes yeux, la réalité est là, nous roulons au beau milieu des vignes. Du coup, mon moi intérieur commence à faire des siennes :

- Avec tout ça, si on ne s'en met pas bientôt en derrière la cravate, il y a de quoi ne rien y comprendre.

C'est tout de même plus facile de descendre du bus que d'y monter.

Dans la grande salle, Maria nous accueille, les tables garnies de verre et d'assiettes d'olives, nous attendent. Mon "moi", toujours lui, refit surface :

- tu vois bien que je ne m'étais pas tronpé

Les olives et le rosé tout frais descendent comme une lettre à la poste :

-Encore un petit verre, me dit Maria ?

- Bien oui, j'ai justement une olive de coincée

Une fois rafraîchi, chacun se dirige vers son bungalow. Les trois "mousquetaires" du groupe dans la même chambrée. Ces "demoiselles" celles-ci furent bien agréables, et bien vite le n°93 se transforma en "Pigeon Bleu", club très fermé, mais qui resta ouvert à tous.

En deux mots, "Euro Village", est composé de bungalows avec abondance de verdure, un restaurant et un ber, formant le centre du village. Le tout dans un style méditerranéen qui vous invite au rêve.

Pour dîner, dans la salle de restaurant, comme l'on pouvait s'en douter, notre entrée fut remarquée. Trois tables nous étant réservées, l'installation des fauteuils, plus la mise en boite que commence déjà, comment passer inaperçus ?

L'ensemble des pensionnaires du village se compose de personnes retraitées, et l'intégration ne tarde pas, et même nous prend de vitesse, car l'on s'écarte pour laisser le passage aux fauteuils.

Avec Franck et jacques, nous préparons notre première nuit au Cap d'Agde. Mais la ventilation nous fit passer une nuit presque blanche. Maria voulut bien l'arrêter, quelle chance, car pour certain (inutile d'en préciser le ou les noms) les nuits furent assez courtes.

Très vite, l'équipe fit connaissance avec ceux qui nous accompagnent (Sandrine, Séverine, Yasmina et Franck), car pour le reste de la troupe, vingt ans de groupe d'amitié minimum nous dispensent de cela).

La première expédition se fit en pleine mer. Traversée du port d'Agde, la haute mer, puis la remontée de Hérault jusque Agde, soit environ 16 miles aller-Retour.

A l'embarquement, sauve le vin et le Pastis, d'abord, comme dirait un gars du coin ! pour ceux obligés de rejoindre le pont avec leur fauteuil, ce fut le soulagement. Et tous les autres au bastingage.

Bien entendu, la traversée du port est d'huile, et après avoir doublé fort Brescu :

- A.. Tribord ! Toute !  

La côte n'est plus qu'un mince trait à l'horizon. Et certains d'entre nous, dont je fais partie, la chasse au bronzage est ouverte, et bien ouverte. Sauve la crème et les rayons d'abord !

Le long des rives de l'Hérault, petits villages typiques et chantiers navals défilent sous nos yeux. Arrivés dans Agde nous butons sur le canal du Midi. Une deuxième fois :

   - A... Tribord Toutes !

   Ce changement de cap à 180° offre l'avantage de pouvoir bronzer les faces qui jusque là   étaient cachées.

  De nouveaux en pleine mer, avec un peu de vagues, nous ne tardons pas à aborder le môle Richelieu. Et là bien sûr :

  A... Bâbord ! Toute !

   Là le port du Cap d'Agde s'offre à nous dans toute sa splendeur.

Les mâts des voiliers forment une "forêt" que cache une bonne partie du port.

-Tout le monde à terre ! Ordre du Capitaine.

Une fois la troupe à quai, comme dans tous les ports, c'est à la terrasse d'un bistrot que nous nous remettons de nos émotions, une glace ou un cannon, pour fêter notre retour, apprécié, au plancher des vaches.

Après une telle expédition, "Euro Village" nous servant de base de repli, le dîner nous réconforte.

Mais, il ya aussi les soirées, loto, chansons, tournoi de belote, chanteur d'opérettes, danses, projection de diapos pour certains (dont j'en faisais partie) la fermeture du bar.

    Après une sortie en mer, il faillait bien penser à notre réputation de bon matelot,  avant minuit il est tard, mais après c'est de bonne heure que nous retrouvions notre hamac.

Comme toujours, Françoise ( que serions nous sans elle) pense à tout. Chaque expédition était séparée d'une journée où nous étions de consigne. mais les consignes de Françoise nous auraient plutôt incité à rempiler, et pour cause !

Les jours sans sorties, dont "les jours de consignes" cela veut dire : le bronzage, la plage, la mer et bien que loin de la mer du Nord, les sirènes, avec ou sans leurs chants mélodieux.

Une fois en "tenue de combat", pour rejoindre l'élément liquide tant espéré, comment résister aux bras d'une sirène !

- Pouah ! Quelle est froide !

-Une, Deux, Trois..., je me fais attaquer de toutes parts, alors assis dans l'eau ! Cela est tout de même préférable. Au loin, je vois Franck qui nage, mais dans les parages, Yasmina ou Séverine sont là pour m'arroser et m'aider.

La Camargue, déjà aux réunions du Club de MLE Peloux tenait une grande place et nous faisait rêver. Une fois sur le terrain, un bon 100 km nous en séparent, ce qui nous oblige à "sauter la couverture" de bonne heure, (ceux qui dont la fermeture du bar, tant pis pour eux !).

- Ne t'en fais pas, je me rattraperai dans le bus.

Tiens, je te crois, il y en a toujours un pour chanter ou dire une histoire, même Thierry, le chauffeur, s'y met, alors autant y renoncer et faire front aux difficultés.

Et bien vite elle est là, l'eau est partout, les chevaux, les taureaux, et même les flamants roses. Bien souvent, l'eau et la terre se confondent et dégagent une odeur qui surprend. Une voix dans le bus :

- Fermez les issues de secours !

 

   L'on peut se retenir un moment, mais après... Heureusement à AIGLES-MORTES, nous sommes attendus à l'Office du tourisme pour la "pose pipi". Personne n'ose le dire. Mais nous voilà soulagés, encore un bon point pour l'organisation, car maintenant toute l'équipe est prête pour l'apéritif, et le restaurant. Thierry me pousse en tête de convoi.

- Tiens pour l'apéro, ils ont filé.

   A table, sous un beau soleil, nous commençons par un plateau de coquillages. Heureusement, Franck a la patience de les préparer avent de commencer à manger les siens.

    Le Plat principal fait le surprise :

   - Du taureau, annonce Françoise, en espérant l'effet surprise.

   Des regards interrogateurs se perdent sur les plats que le garçon vient de servir. une fois les assiettes garnies et les premières bouchées descendues, c'est la satisfaction :

   - Ben, c'est bon !

   Une salade de fruits et un p'tit noir, et nous voilà prêt pour la Camargue.

   Qui dit Camargue, dit bateau, c'est là que Tiki III nous attend.

   A l'abordage !

   Facile à dire, les deux ponts sont déjà bien garnis, et notre arrivées ne passe guère inaperçue. Avec 8 mètres au dessous de nous, nous voilà partis sur le petit Rhône.

   Du pont avant, au milieu de la foule, par bâbord, je rejoins Franck sur le ponds arrière. Appuyé au bastingage, la fraîcheur de l'eau fait du bien.

   C'est là qu'apparaît la vrai Camargue, les gardians au milieu des chevaux et taureaux, et surtout beaucoup d'oiseaux. Un endroit prévu à cet effet, nous accostons et les taureaux sont à portée de mains (pardon de patte). Quelques photos témoigneront de ce rêve devenu réalité.

 

 

 

   La Camargue sans les Saintes-Maries-de-la-Mer, ça ne voudrait rien dire.

   Grâce à Franck et Thierry, nous commençons par le visite de l'église, tout en pierre gris-noir, sa fraîcheur en surprend quelques-uns. Heureusement, il n'y a que peu de monde. Malheureusement la crypte où repose les trois saintes n'est accessible que par les marches. Grâce à Séverine, un cierge sera un peu de moi en ce lieu si renommé.

   En sortant de l'église, il nous reste du temps pour la visite des Saintes et un rafraîchissement. Par hasard, une petite place nous offre les deux réunis, une terrasse remplis de parasols basses et vraiment typiques de cette région où le blanc est partout.

   Comme nous en avons pris l'habitude, le retour se passe en chansons et en histoires. même Thierry, quand nous tombons à court, prend le micro et vient nous prêter main forte pour maintenir l'ambiance.

     Au hasard des feux rouges, nous voilà coincés devant un tonnelier en plein travail. Alors, toujours le même, d'une vois pressante :

   -Dépêche-toi Thierry, on va se faire "encercler".

   Après le repas, c'est le tournoi de belote, qui a été remporté par notre seul représentant : séverine. Cela vaut bien une petites bière avant de regagner la chambrée.

   Le lendemain bien entendu la plage. Huguette, Jacques et moi faisons trempette où il n'y a pas trop de fond, mais où l'eau est bonne et par moment presque tiède. Avec l'aide de Sandrine et Yasmina, je m'aventure un peu plus loin. heureusement qu'elles me tiennent bien, car il y a des "tasses" qui se perdent :

   - Pouah ! Qu'elle est salée !

   Revenu près de Jacques, je reprends mon souffle. Jacqueline et Antoinette nous tiennent compagnie. C'est alors qu'il me vient une idée : mette ma tête sous l'eau.

   -Antoinette, tu veux bien me tenir par les épaules ?

   - J'ai compris, tu vas mettre ta tête sous l'eau !

   - oui

   - et plouf  !

     Au bout de quatre ou cinq fois, cela va mieux et je commence même à y prendre goût. C'est alors que nos trois sirènes ont une idée :

   - On va en pédalo ?

   - Bien sûr !

Mais une fois à notre portée, il va falloir y monter. Avec les vagues, ça va être une autre histoire. Tout bouge, sans trop comprendre, car l'on me tient des deux côtés. j'enjambe le flotteur et me retrouve, car l'on me tient des deux côtés. J'enjambe le flotteur et me retrouve assis avec Séverine à bâbord.  Après avoir passé les grosses vagues du bord, cela va mieux. Je me retourne :

   - Hé ! Jacques !

   Notre Capitaine avait embarqués avec Yasmina et Cendrine sur le flotteur.

   Arrivés assez loin, nous arrêtons de pédaler, le balancement des vagues et le soleil, quoi de mieux pour bronzer. Mais tout à coup, on ne devrait pas relâcher la surveillance, à tribord, par 150° Ouest :

   - Attention ! O.N.N.I (Objet Naviguant Non Identifié) : Antoinette !

   Après plusieurs tentatives pour s'asseoir sur le flotteur, elle doit repartir comme elle est venue.

Au bout d'un moment, à nous laisser aller par le houle, nous avons dérivé largement. Fini le rêve, "hissez les voiles", en avant toute !  Bientôt de nouveau face au port, il nous reste plus qu'à rentrer.

La manoeuvre est plus facile. Près du bord, du flotteur, je me laisse glisser dans l'eau. Le pédalo rejoint son port d'attache, de mon côté avec mes rêves, je rejoins le terre ferme. Sauve le vin, et l'.... d'abord.

   Le matin, Franck s'occupe de moi, et c'est loin d'être le moment le plus triste de la journée. Après deux ou trois sonneries de clairon, tout le monde sur le pont, les dents et la barbe, on rigole comme des fous. Si je ne m'arrête pas, j' n'aurai plus un poil sur la tête, et plus que la brosse à  dents comme petit déjeuner. La douche, n'en parlons pas ! En sortant de la salle de bain, on se demande lequel des deux s'est lav" car il est bien plus mouillé que moi.

- Demain, je vais faire attention.

   - Tiens !

Du Lait chaud, du pain frais, de la confiture, le rêve. mais là aussi :

   - Allez, mange !

   - Si t'arrêtais un peu, je pourrais peut-être manger.

Comme de toute façon, rire fait grossir, je ne vous dis pas les petits déjeuners que l'on s'est payé !

   - T'as encore faim ?

     -Non, j'attends, l'apéro !

Après la mer, le terre, car l'air n'était pas au programme.  Alors la terre, par un bel après-midi, nous mena à Carcassonne.

Après un petit 100 Km, comme nous en avons pris l'habitude, Thierry nous dépose au pied des remparts et juste à la station de petit train, une fontaine toute proche nous fait un clin d'oeil. l'on se fait arroser de toute part, mais cela est bien agréable par cette chaleur.

     - Et c'est parti !

Les fortification de Vauban, qui ont été restaurées, sont dans un état magnifique. Tours d'angle, courtines, échauguettes, grâce à Biollet-le-Duc au XIXe siècle, nous surprennent de fraîcheur. En longeant la muraille, un passage étroit et très abrupte, pour ceux qui sont du côté du vide, c'est la grande sensation !

   Le tour par l'intérieur est tout de même plus confortable. Les meurtrières, très hautes avec deux étages de bancs, permettait à six archers de tirer simultanément. La partie de la ville contenue par les remparts compte environ 1500 habitants et doit rester telle quelle.

     Au retour, une très agréable surprise nous attend. Le bus entre et s'arrête dans la cour d'une coopérative vinicole. Et tous ensemble :

 

   -Ha ! comme un cri du coeur

   Dans le car ou au comptoir, un bon verre de blanc nous rafraîchit et nous remet de nos émotions de tout à l'heure. Il y en a qui prévoient une soirée où "le pigeon bleu" déploiera ses ailes.

   -Où vas tu ?

   -Mais au "pigeon bleu", tu n'as pas vu, il ouvre à 21h15.

   -Entrez, entrez, c'est ici qu'on rigole, c'est ici qu'on s'amuse, ambiance et décors assurés.

     Quinze sur quelques mètres carrés, chansons, histoires, ou musique, aidés d'un petit coup bien frais, l'ambiance ne tarda pas d'être chaude.

   Après la contribution de tous, et l'ambiance à son apogée, il fallut bien retrouver le réel. L'extinction des feux sonna, tout le monde regagne sa chambrée, en emportant chacun son souvenir

   Comme tous bons moments "le pigeon bleu" dans la nuit s'envola, un merveilleux moment où sans le savoir tous avons laissé quelques plumes.

   Le lendemain, bien sûr, quartier libres. pour moi, bien entendu, la plage. Pour certains, c'est le sable, car bien sûr, chacun doit faire suivant sas possibilités. Mais personnellement, depuis St Raphaël, vingt ans c'est long, l'eau m'attire comme un aimant. Une fois à pied d'oeuvre, grâce à Franck ou Yasmina par exemple, en deux minutes, je retrouve le bonheur, l'eau et l'odeur des algues. Pourtant au bout d'un moment, il fallait remonter. C'est toujours à regret qu'il me faut quitter l'eau, mais comment résister aux chants des sirènes...

   Après le dîner, soirée dansante, quelques-uns d'entre nous, Franck, Antoinette, Monique... Paule et Jaqueline se lancent. L'agilité de Franck est très vite remarquée par tout le monde. Et quand il se lance sur la piste, tout le monde s'écarte pour l'admirer. Comme il en faut toujours un, c'est encore moi. Je me fais embarquer par Antoinette et Monique,

   -Allez viens !

   Après tout, pourquoi pas, et une de chaque côté, me voilà parti.

   Mais Jacques a une idée, d'abord avec son fauteuil puis debout, il danse avec Monique. Ensuite, il quitte son fauteuil pour le mien, et le voilà parti.

   -Ho ! Tout le monde s'arrête et le regarde.

   Comme il sait si bien le faire, il se tient en équilibre sur ses deux roues arrières, pivotant sur lui-même du mieux qu'il peut au rythme de la musique.

   La Musique terminée, il quitte la piste sous les applaudissements chaleureux, mais aussi admiratifs de tout le monde.

   La soirée se termine, je reste un peu avec Franck. Bien sûr, c'est la mise en boîte par ceux qui partent :

     -Pas trop tard, les matelots !

   -Non mon capitaine !

   -Demain, c'est Aigues-Mortes.

   -Nous serons à l'heure sur le pont.

   -Comme pour Carcassonne, nous partons après le repas du midi. En arrivant près du bus, Thierry, d'une voix grave :

   -Pour Aigues-Mortes, en voiture, s'il vous plaît !

   Il y a fort longtemps, la mer étant beaucoup plus près, St Luis au XIIIe siècle y construit une ville fortifiée, qui lui servit de port de départ pour les croisades.

   A la descente du car, nous trouvons, en passant la porte de la Gardette, le petit qui, lui aussi va nous faire visiter la ville.

   Une fois tout le monde installé, c'est parti pour un tour, mais qui, ici, se passe à l'intérieur des remparts.

   Là aussi, les tours et les courtines sont en excellent état ; le passage par de petites rues pavées et étroites oblige le chauffeur à rouler très lentement, ce qui nous laisse le temps de graver dans nos mémoires de merveilleux souvenirs.

   Une fois descendus du petit train, pour beaucoup, c'est le moment de faire les boutiques, il y en a qui vont avoir des problèmes au moment de refermer les valises !

   Comme la rue est un peu en pente, j'avance doucement, lorsque Franck me rejoint et ensemble, nous arrivons sur une belle place.

Toutes les maisons ont gardé leurs aspects anciens et lorsqu'il revient du centre, Franck me dit !

   -C'est le statue de Saint Louis.

   Avant le retour au bus, comme il ne faut pas perdre les bonnes habitudes, le terrasse d'un café nous tend les bras, et lorsque c'est mon tour :

    -Qu'est ce que tu bois ?

    - Un jus d'orange !

    - Ben alors ?

    - Je suis malade, complètement malade, je suis malade.

    Le lendemain au rapport, Françoise annonce :

    - Jour J moins deux !

    Donc l'après midi se passe à bronzer, c'est alors que mon moi intérieur refait surface, mais à haute voix :

-Trop souvent sur le sable, tu vas finir par avoir un grain.

Et aussitôt, derrière :

    - Il y a longtemps que c'est fait !

    Notre dernière sorties en bus avait pour destination Sète. Seulement 23 Kms nous en séparant :

    -Départ dans la matinée, avait dit Françoise.

    Arrivant par le route de la Corniche, nous découvrons la plage du même nom. Sur une jetée, l'on voit bien une grande pierre, Thierry annonce :

    - Le monument à la mémoire de BRASSENS.

    Comme nous avons un peu de temps, nous allons au cimetière où il est enterré, bien sûr nous ne pouvons descendre. Mais pour moi, je garderai l'image que je n'osais espérer un jour.

    Après un petit tour en ville, c'est l'heure du restaurant. Comme il se trouve directement sur le port, nous sommes obligés de stationner sur un pond qui, heureusement, est assez large et regagner le restaurant à pied.

    -Allez, me dit Antoinette, et nous voilà partis.

    Les autres nous rejoignent et après deux ou trois cent mètres, Françoise annonce :

    -C'est ici !

    Le groupes"étant rassemblé, 17 d'un coup, plus les fauteuils, c'est un peu la panique dans le restaurant. Tout agencé en rustique, le cadre est très joli et une fois installés, ce qu'en secret presque tous attendons :

    -L'apéritif !

    Nous avons la possibilité de choisir, je pris des huîtres que gentiment, Antoinette ma donna. Du saumon à la poêle, gâteau et coulis de fraise, sans oublier un petit rosé du pays, bref, de quoi tenir toute l'après midi.

 

    Sète sans le Mont-Clair, cela est impossible. Une fois tous dans le car :

-Attention la montée, c'est parti de loin pour 180 m.

    Nous passons près du cimetière où repose Paul Valéry et d'une belle bâtisse appartenant à un émir arabe. Une fois en haut, c'est l'émerveillement. Sète avec son port, l'étang de Thau Agde, s'offrent à nous comme une carte postale.

Une dalle de béton avec rambarde, permettent d'aller vraiment au bord de vide. Au bout de quelques instants, j' m'habitue au vide et cela va mieux. Toujours en bonne compagnie :

    - Allez, une photo, et hop, c'est dans la boîte !

    De nouveau, au niveau de la mer, nous visitons le port et les chantiers où l'on construit et prépare les voiliers de compétition. Pour les en sortir ou les mette, de grands ponts roulant pénètrent dans la mer.

    Étant aussi près, autant en profiter ! Et en quelques tours de roues, nous voilà à Frontignan. Mais qui dit "Frontignan" pense "Muscat", et qui dit "Muscat" pense "dégustation". Tiens, pourquoi pas !

    Thierry, qui doit avoir le nez fin, nous dépose justement devant une bouteille qui nous "tend les bras". Restés dans le bus ou à la terrasse, c'est un très agréable moment. Doré et sucré, mais dans le fond, ce n'est que du jus de raisin, or, un bon jus de fruits n'a jamais fait de mal à personne.

    La preuve, tout le monde a bien regagné le bus, et même en vitesse, puisqu'il nous reste encore le temps d'aller en haut du Mont Saint Loup.

    De la haut, la vue est magnifique. A 111 mètres, d'un côté l'étang de Thau et Marseillan-Plage, de l'autre côté du fort militaire et la station de radio-téléphone qui couvre la région, le Cap d'Agde tout neuf et tout resplendissant.

    Grâce à jojo, qui nous accompagne pendant cette belle journée, nous pouvons reconnaître Euro-Village, et même le centre où maintenant chacun d'entre nous avons nos habitudes. Le terme ne pouvant être plus juste, de retour à la base, et le dîner en bonne place, quelque chose de pas trop clair se tramait en face de l'ex "Pigeon-Bleu".

    Le secret avait été bien gardé. Un artiste peintre, tous les mardis matins, avec d'autres artisans, venait exposer ses oeuvres. De Jeanne-marie à Antoinette, de Mado à louis, puis des deux Monique, Paule, Jacqueline, Huguette, Jacques et Claude, en passant par Cendrine, Séverine, Yasmina, Franck et Chantal, tous avec une peinture de cet homme représentant le port du Cap d'Agde, et une coupe de champagne, voulions dire à Françoise combien elle est chère à nous tous.

    Emballé par tout ce qui nous avait sous la main, le tableau était devenu un gros colis que nous présentons sur une petite charrette, et tous en coeur,

    -Merci Françoise !

    Après le déballage, la surprise et l'émotion, Françoise offrant ce qui n'a pas de prix, le bise à tout le monde. Le champagne coula à flots, et fut le bienvenu. Si les émotions creusent, n'oubliez pas qu'elle peuvent aussi donner soif.

     Et c'est à la nuit tombé que nous regagnons la chambrée. Ce matin, il faut bien se rendre à l'évidence. Le dernier jour est arrivé, et il faut penser à refaire les paquetages. Plus ou moins facile, mais à midi tout le monde est prêt. car l'après midi, pour certains , dont j'en suis, va être importante. La dernière "bronzette", il ne faut pas en perdre une minute !

    Comme il faut bien un premier, sitôt le repas, avec Séverine, nous voilà partis. Quand les premiers nous rejoignent sur le sable, nous en avons déjà bien profité. Tantôt dans l'eau, tantôt sur le sable, l'après midi se passe tranquillement au soleil, quoi de mieux !

    -Allez, tu viens, on remonte ?

    Les mauvais d'accord, mais pourquoi les bons moments vont-ils si vite ? là, une idée jaillit :

    -Qui c'est qui veut se faire enterrer, pardon, ensabler ?

Le volontaire est tout désigné, et me voilà pris dans le sables.

    - Ne bouge pas comme ça, il retombe aussi vite !

    - Vous n'avez qu'à pas me faire rire.

    Une fois recouvert, toutes s'alignent les mains jointes pour la photo :

    - Elles étaient quatre à l'enterrement de Cornelius...

       Au retour, une douche est nécessaire pour me désensabler complètement, car il y avait des réserves jusque dans les oreilles.

    Sur la terrasse, le patron et Maria nous offrent les verre de l'amitié, il est le bienvenu, mais tristement, il est en même temps celui de l'adieu.

    Après le repas, quartier libre :

    -Il faut être prêt pour le départ !

    - Oui, mon capitaine.

    Pas besoin de clairon, à 6h Franck est sur le pont.

A 9h30, rassemblement devant le bar, mais sans  y rentrer cette fois :

    - Un, deux, trois, quatre... Tout le monde est là, il ne faut pas que j'en oublie un, dit Françoise.

    Pour la dernière fois, installés dans le bus, nous gagnons l'aéroport de Montpellier. Nous nous étions habitués à lui, mais je pense bien que lui s'était fait à nous. Car en se quittant, Thierry comme nous avait le coeur bien gros :

    - Au revoir, Thierry !

    L'embarquement, le vol et la descente de l'avion, se passèrent le mieux possible. A Lesquin, nous nous quittons sans trop nous en rendre compte, et dans le font, c'est certainement mieux ainsi.

    Celui qui a tenu ce carnet de bord m'a joué un drôle de tour, j'aurais dû me douter qu'il allait tout raconter ; il a sauté dans ma valise au dernier moment. mais l'imbécile a oublié le principal, alors je prends sa place.

    Mais si je prends se place, c'est pour m'adresser à Françoise, et lui dire que ce qu'elle nous a permis de vivre à Cap d'Agde est tout simplement merveilleux. Il n'y a que toi pour avoir des idées pareilles, et surtout d'avoir "monter" ce beau rêve. Car avec un peu de recul, c'est un rêve se 15 jours que nous avons eu grâce à toi. 360 heures de souvenirs, et qu'il faudra au moins 360 ans pour les oublier, mais ce que tu ne doutes pas, c'est que quand le ciel sera gris ou mes idées, je n'aurais qu'à laisser partir celui de la valise. Je ne suis pas jaloux, mais lui, il en a profité, tu peux me croire. Quand il m'a raconté, je ne voulais pas le croire, aussi, je lui ai demandé pour être des vôtres la prochaine fois? Il ne m'a pas répondu, mais il ne m'aura pas, je m'enfermerai dans la valise le premier.

A Bientôt,

        Les deux ensemble.

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